C'est dimanche, à partir de 10 hrs au Centre international de conférences de Pailles que le Mouvement Socialiste Militant (MSM) tient son congrès-anniversaire pour célébrer ses 25 ans d'existence. Un congrès où il sera, déclare Pravind Jugnauth (leader de ce parti), "surtout question d'avenir" et au cours duquel les grandes lignes du nouveau manifeste électoral du MSM seront présentées en alternative à la "politique ultra-libérale du ministre des Finances". Une précision importante : la question de la peine de mort ne figurera pas au nombre des propositions présentées ; M. Jugnauth expliquant que la position qu'il a exprimée sur le sujet en faveur de la peine capitale n'engage que lui et n'est, donc, pas la position officielle de son parti.
M. Jugnauth parle de ce congrès-anniversaire de dimanche prochain comme d'un "grand événement" et d'une occasion pour les dirigeants du MSM de remercier les "soldats" de ce parti pour "leur loyauté, leur dévouement, leur sincérité et leur solidarité". Ce rassemblement aura une touche internationale avec la présence, notamment, de délégués de partis politiques étrangers venant de l'Inde (Congress I et BJP), de Grande-Bretagne (Ptr et Parti Conservateur), de Chine (Parti Communiste Chinois) et d'Afrique du Sud (African National Congress).
Le thème retenu est "MSM, 2e Génération". Un "message clair", explique Pravind Jugnauth, qui vise à souligner qu'après la "1ère Génération MSM" constituée autour de sir Anerood Jugnauth, c'est, désormais, l'ère d'une deuxième autour de sa personne. Ce parti, explique son leader, veut souligner que ce renouveau générationnel se traduit aussi par, notamment, l'adhésion de jeunes "de toutes les communautés", de nouvelles idées et d'une volonté de "faire la politique autrement".
Il rappelle que le MSM est né à Place de la gare, Vacoas, le 8 avril 1983 sous sir Anerood et qu'en 25 ans d'existence, ce parti a dirigé le gouvernement pendant 16 années, est demeuré au pouvoir pendant 18 ans et dans l'Opposition pendant 7 ans. "Notre parcours durant ces 25 ans a de quoi donner aux dirigeants ainsi qu'à nos partisans toutes les raisons d'être fiers compte tenu de ce que nous avons réalisé pour le pays", soutient M. Jugnauth. "A chaque fois que nous avons été au pouvoir, le pays a progressé et le développement s'est accéléré", dit-il.
Pour lui, le MSM est "associé" au "miracle économique" des années 1980 et du début des années 1990. Pravind Jugnauth parle de son parti comme étant "garant de la stabilité et de la sécurité". Pour soutenir "l'énorme contribution" du MSM au développement économique, il laisse entendre qu'alors qu'en 1983, le PIB par tête d'habitant n'était que de $ 250, il devait passer à $ 5000 en 1995 au moment du départ du MSM du gouvernement.
"Tout le monde, affirme-t-il, sait que le MSM a toujours honoré ses engagements tant vis-à-vis de la population qu'envers ses alliés". "Nous n'avons jamais trahi. Hier au gouvernement, aujourd'hui dans l'Opposition, notre langage n'a jamais changé et nous avons toujours dit la vérité". Et de soutenir que la priorité de son parti a toujours été "l'intérêt de la population et du pays".
"Ma position sur la peine de mort n'engage pas le MSM"
Pravind Jugnauth déclare que depuis juillet 2005, c'est "sur le terrain, aux côtés de la population" que le MSM s'est positionné "malgré l'adversité et les coups bas". "Nous avons tenu malgré les tentatives de marginaliser notre parti". Et M. Jugnauth d'affirmer que le MSM en est sorti "plus fort que jamais". Il se dit "heureux" de constater qu'aujourd'hui, même les "détracteurs" de son parti reconnaissent que le MSM "est monté en puissance" et est devenu"une force incontournable" sur l'échiquier politique.
Tout cela, dit-il, n'est pas le fruit du hasard mais celui d'un travail assidu, particulièrement, de la part des "soldats" de son parti envers lesquels il se dit "redevable". Hommage, à ce stade, à ceux qui "surtout, dans l'Opposition", ont cheminé avec le MSM. Pravind Jugnauth les invite "en grand nombre" dimanche matin au Centre international des conférences de Pailles pour le congrès-anniversaire des 25 ans de son parti. Un congrès au cours duquel des messages "très importants" des dirigeants seront prononcés ; ils seront axés sur le parcours du MSM "mais surtout, sur l'avenir".
Une occasion aussi, durant ce rassemblement, d'en savoir un peu plus sur les "grandes lignes" du projet de société de ce parti "face à la politique ultra-libérale du ministre des Finances" et les "répercussions de la crise financière internationale". "Les yeux sont braqués sur le MSM pour un nouvel espoir", argue son leader. Pour lui, le peuple "réalise qu'il faut que le MSM soit au pouvoir en vue de tirer le pays de ses difficultés". Le nouveau manifeste électoral préparé par l'équipe du MSM ainsi que certains collaborateurs œuvrant "dans l'anonymat" sera, donc, présenté. A une interpellation de la presse, Pravind Jugnauth devait préciser que la question de la peine de mort n'y figurera pas dans la mesure où le point de vue qu'il a exprimé sur la question n'est "qu'une prise de position personnelle". "Il y a des personnes au MSM qui n'épousent pas ce point de vue", dit-il, expliquant, en substance, que sa position en faveur de la peine capitale n'est pas une position de parti et n'engage que lui.
A une autre question, M. Jugnauth devait indiquer qu'aucun dirigeant de partis politiques locaux n'a été invité à assister au congrès. Et puisque les messages concerneront "surtout l'avenir", le leader du MSM devait répondre, sur un air amusé, "attendons voir" quant à savoir si les options d'alliance de son parti seront précisées lors de ce congrès-anniversaire. Par rapport à une certaine instabilité intercommunautaire, Pravind Jugnauth a, d'autre part, dit la "fierté" du MSM d'avoir permis à Paul Bérenger d'accéder au poste de Premier ministre.