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Accident du Travail //Pravind Jugnauth : "Le ministère du Travail a failli à ses responsabilités"

 
 

Evoquant l'accident du travail sur un chantier de construction à Ebène en début de semaine, Pravind Jugnauth, leader du MSM, fait le procès du ministère du Travail qui, dit-il, a "failli à ses responsabilités". M. Jugnauth dit détenir des informations à l'effet que par manque criant de personnel, les inspections sur les lieux de travail, notamment, sur les sites de construction, ne se font pas comme il se doit. Dans le cas particulier de l'accident d'Ebène, il trouve que les autorités ont fait preuve d'une attitude de "put workers last".

Sans vouloir, assure-t-il, "faire de la politique" par rapport à l'accident du travail survenu en début de semaine, Pravind Jugnauth estime que dans cette affaire, le ministère du Travail a "failli à ses responsabilités". Il trouve que dans ce cas, les dispositions de l'Occupational Safety and Health Act n'ont pas été respectées et soulève la question du respect de la loi par d'autres employeurs du secteur. Le leader du MSM explique que, selon ses informations, par manque de personnel, l'Occupational Safety and Health Division du ministère du Travail ne procède pas comme il se doit au plan des inspections de chantiers. Pourtant, souligne-t-il, la construction est l'un des secteurs où il existe le plus grand risque d'accidents du travail.

D'après le leader du MSM, le service d'inspection du ministère comporte un déficit de personnel de "plus de 40%". "Il n'y a pas eu les recrutements nécessaires en vue d'inspections requises et les dangers sont réels". Pravind Jugnauth déplore, à ce stade, les "cadeaux par milliards" au patronat par le biais de la baisse de la "corporate tax" alors que, dit-il, "l'on ne trouve pas le budget qui convient à la sécurité des travailleurs". Aussi, dans ce cas, les autorités font preuve, soutient-il, d'une attitude de "put workers last". Il argue que c'est la philosophie du ministre des Finances de ne voir, depuis 2005, "que dans la direction du patronat".

Alors que, déclare M. Jugnauth, le ministre du Travail affirme, aujourd'hui, adopter une attitude de zéro tolérance, le leader du MSM se demande si le ministre aura "le courage" de réclamer de son collègue des Finances les fonds nécessaires pour l'inspectorat du Travail. Il rappelle que la loi sur la santé et la sécurité au travail votée en 2005 avait été préparée, sous le précédent gouvernement, par son collègue du MSM, Showkutally Soodhun et qu'il s'agit, dans l'ensemble, d'une "bonne législation". Il convient, toutefois, dit-il, qu'il y ait le personnel nécessaire en vue du respect de son application par les employeurs.

Pravind Jugnauth se dit, ainsi, "choqué" d'apprendre que nombre d'employeurs n'ont pas, à ce stade, institué de Safety and Health Committee, comme le prévoit la Section 21 de la loi de 2005. Si, rappelle-t-il, tout employeur de 50 salariés ou plus ne constitue pas un tel comité, le secrétaire permanent du ministère du Travail dispose des prérogatives nécessaires pour l'y contraindre ; "Il semble qu'il y ait comme une insouciance déconcertante à plusieurs niveaux, dont s'agissant d'un certain nombre d'employeurs".

Le leader du MSM argue qu'en fin de compte, c'est le ministère du Travail qui est censé faire respecter la loi. Dans le cas particulier de l'accident du travail de cette semaine, Pravind Jugnauth avance que, "manifestement, la Section 8 de la loi qui interdit l'emploi sur un chantier de construction de tout ouvrier de moins de 18 ans n'a pas été respectée". Aussi, se demande-t-il si tel n'est pas le cas sur d'autres chantiers. Pour lui, le ministre du Travail doit "assumer ses responsabilités". "Il ne faut pas, déclare M. Jugnauth, de politique apré lamor latisann ".

Par ailleurs, il met en avant que selon ses informations, en raison des coupes budgétaires, les campagnes d'éducation à la sécurité des ouvriers ont été "reléguées au dernier plan". Pravind Jugnauth place cette situation dans le sillage, notamment, du vote des deux nouvelles lois du Travail "sous la pression du FMI et de la BM" et qui fait que l'on traite, selon lui, les travailleurs "comme des paillassons". Il dit espérer qu'il y ait, après le récent accident sur le chantier d'Ebène, "un sursaut général" en vue de faire que la vie des travailleurs soit "la priorité des priorités".

Concernant la nouvelle disposition visant à interdire les poids lourds sur les routes entre 6h30 et 9h30 le matin et qui doit entrer en vigueur demain, M. Jugnauth soutient que "ce règlement existait déjà et n'avait été que suspendu". S'il trouve "inévitable" que l'on revienne avec cette disposition, il s'interroge sur ce qu'il en sera durant les heures de pointe entre 15h30 et 18h30. S'il reconnaît que cette disposition a un coût économique, le leader du MSM estime, néanmoins, que la sécurité des usagers importe le plus.

De manière plus générale, Pravind Jugnauth estime tout aussi urgente une stratégie globale par rapport au transport public et au développement des infrastructures. Il rappelle avoir, récemment, exprimé sa conviction sur la nécessité d'un mode de transport public "moderne" : "J'avais dit que si le gouvernement s'obstinait avec ses projets de bus way, d'harbour bridge et de ring road pour Rs 22 milliards, cela allait hypothéquer la possibilité de doter le pays d'un tel système de transport moderne". Pour lui, seul un système de transport sur rail est susceptible de régler le problème de congestion routière.

Le leader du MSM évoque, enfin, la question de "motivation" dans la force policière en lien avec les exercices de promotions, notamment, aux grades de sergent et d'inspecteur. Il s'interroge sur la raison du retard dans l'exercice de promotion au grade de sergent alors que, dit-il, l'examen y relatif a eu lieu "depuis février". En ce qui concerne les nouveaux inspecteurs à être promus, il s'interroge aussi sur le retard dans l'envoi des lettres de nomination. M. Jugnauth dit souhaiter que le Commissaire de Police ainsi que le Premier ministre en tant que ministre de tutelle donnent, au plus vite, des éclaircissements sur ces retards qui sont "sources de frustrations et d'amertume".

D'autre part, le leader du MSM parle de "contradiction" au sujet des représentations diplomatiques de Maurice à l'étranger. Il rappelle que lors du dernier Budget, le ministre des Finances avait annoncé, dans un souci d'économie, la fermeture d'un certain nombre d'ambassades jugées non essentielles. Il rappelle que parmi les représentations citées comme susceptibles d'être fermées figuraient celles auprès de l'UNESCO, l'ambassade de Maputo et celle en Russie. Il dit constater qu'entretemps, non seulement aucune ambassade n'a été fermée, les salaires et autres "fringe benefits" ont été augmentés et des contrats d'ambassadeurs renouvelés.