Le MSM dit prévoir "beaucoup de répercussions politiques" après "le départ forcé de Bert Cunningham à la tête du service des douanes". Sans préciser quelles seraient ces répercussions, le secrétaire général du parti dirigé par Pravind Jugnauth (absent du pays), Nando Bodha, a fait remarquer hier (samedi 9 août) que "compte tenu de l'Official Secrets Act, il est clair que Bert Cunningham ne parlera pas mais, son propos "I would not like to leave this country frozen"constitue un commentaire lourd de sens pour le pays".
Parlant de "départ forcé" du contrôleur des douanes, le secrétaire général du MSM a souligné que, "dans une démocratie comme celle de l'île Maurice, le service des douanes (un département de la Mauritius Revenue Authority) est un pilier". "Or, ce qui est arrivé à Bert Cunningham est très triste et le MSM dénonce fortement la méthode style Gestapo pour le faire démissionner de force et quitter le pays". "Est-ce que ce n'est pas le résultat d'une persécution politique dans la ligne du "lev paké aller" de manière à ce que la MRA soit devienne un instrument politique ?", s'est demadé Nando Bodha. Il a rappelé "qu'il y a eu un comité d'enquête sur des allégations formulées contre Cunningham". "Il a été interrogé pendant de longues heures et on n'a rien trouvé de mal contre lui. Pourquoi donc devrait-il partir et partir maintenant ? Est-t-il devenu un danger et pour qui ? Cunningham a dit qu'il avait reçu des menaces de mort. À qui profite son départ ?" Pour le MSM, "Bert Cunningham a fait sont travail de manière professionnelle et intègre. Il a aidé à casser les reins à la mafia dans son secteur".
M. Bodha a affirmé que lorsque le gouvernement MSM-MMM avait nommé Cunningham, "la douane était une véritable caverne d'Alibaba avec toutes sortes de trafics et de réseaux qui s'y opéraient". "Il n'y avait pas de contrôle mais de la corruption à chaque niveau. Cunningham y a pesé de toutes ses connaissances et de son expertise pour mettre de l'ordre et aujourd'hui cette institution, qui doit être un symbole de la transparence, est paralysée". M. Bodha a soutenu qu'avec raison le leader du MSM, Pravind Jugnauth, a annoncé que "le combat contre la mafia continuera sans relâche".
Faisant un "lien direct" entre mafia et l'importation de Subutex, le secrétaire général du MSM a observé "qu'il est évident que le commerce du Subutex est devenu un véritable jackpot pour les trafiquants et a remplacé le Brown Sugar parce qu'il s'importe plus facilement et se vend vingt fois plus cher." "Un quart de comprimé de Subutex se vend à Rs 250 et on peut aisément faire le compte des milliards de roupies de profits que certains ont fait après l'arrestation de Cindy Legallant avec plus de 21 000 comprimés, celle précédente d'un agent de sécurité, un dénommé Jonas, avec 24 000 comprimés, en 2007 celle également d'un steward d'Air France avec des comprimés d'une valeur de Rs 51 millions et impliquant un militaire. Et ce n'est là qu'une fraction de la quantité réelle de Subutex importée", a soutenu M. Bodha.
Trop de contradictions
Le secrétaire général du MSM a affirmé que son parti n'a été nullement convaincu par "les différentes déclarations et interviews contradictoires données d'une part par le Premier ministre et d'autre part par l'Attorney General, Rama Valayden, pour expliquer l'intervention de ce dernier auprès de l'Adsu en plein exercice de livraison contrôlée de cette unité après l'arrestation de Cindy Legallant". "Il y a eu tellement de contradictions entre ce qu'a répondu le Premier ministre à l'Assemblée nationale et les explications de Valayden qu'à la fin ont en est encore à s'interroger qui de Ramgoolam, Valayden ou encore l'officier de police Padayachy a dit vrai dans toute l'affaire", a commenté M. Bodha..
Le MSM réclame donc que le commissaire de police "montre sa bonne volonté et son efficacité en menant une vraie enquête dans la transparence pour faire éclater la vérité sur le scandale de Subutex dans le sillage de l'arrestation de Cindy Legallant". Mais le MSM a également invité le Premier ministre à rappeler l'Assemblée nationale, même durant les vacances parlementaires, afin d'apporter les changements nécessaires pour que l'importation du Subutex soit aussi réprimée et non seulement sa possession. "Il faut que l'île Maurice se dote de l'instrument juridique adéquat pour se battre contre le Subutex comme dans d'autres pays", a déclaré M. Bodha.
Différez l'adoption des nouvelles lois du travail
Par la voix du président de sa commission des relations industrielles, l'ancien ministre du Travail, Showkutally Soodhun, le MSM a également, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, commenté la présentation, officiellement prévue à l'Assemblée nationale mardi prochain, de l'Employment Rights Bill et de l'Employment Relations Bill. Le MSM fait un appel au gouvernement pour "différer de quelques semaines l'adoption de ces lois, le temps", selon MM. Bodha et Soodhun, "qu'un consensus le plus vaste possible soit atteint entre gouvernement, employeurs et tous les syndicats réunis afin que la stabilité sociale nécessaire pour le développement et la modernisation du pays ait la chance de prévaloir après". M. Soodhun, qui a évoqué ses liens passés avec le syndicalisme, a affirmé être en position de proposer "une trentaine d'amendements" à ces deux lois afin de les rendre plus justes pour la classe ouvrière du pays car, selon lui, autrement "les travailleurs perdront leur dignité et seront exposés à des conditions pires que l'esclavage après tant d'années de lutte".
Selon M. Soodhun, ces projets de loi, extrêmement favorables aux employeurs, s'ils sont adoptés tels quels feront reculer les travailleurs de notre pays d'un demi-siècle en termes de droits acquis qu'ils vont perdre. De son côté, Nando Bodha a dit "craindre qu'avec les deux nouvelles lois du travail il n'y aura jamais de paix sociale entre les employeurs et les employés." "Le pays a attendu des années (depuis 1973) pour changer l'Industrial Relations Act. On peut bien attendre encore quelques semaines et permettre aux syndicats, qui sont disposés à discuter, aux employeurs et au gouvernement de dialoguer pour que les nouvelles lois donnent lieu à un réel feel-good factor qui permettrait au pays de se développer".