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Budget 2009 - Pravind Jugnauth, leader du MSM:"Encore une occasion ratée de soulager la population…"

 
 

"Le budget présenté vendredi aura été encore une occasion ratée de soulager la population. Une fois de plus, ce budget est venu démontrer que le ministre des Finances et le gouvernement sont coupés des réalités amères vécues par la plupart des compatriotes", propos de Pravind Jugnauth, leader du MSM. "Le peuple s'attendait à une compensation capable d'améliorer son pouvoir d'achat", dit-il. Or, déclare M. Jugnauth, le gouvernement est resté insensible".

Il explique que ni le taux maximal de compensation n'a été rehaussé ni le seuil donnant droit à une compensation intégral n'a été augmenté. S'il reconnait que compte tenu de la crise mondiale qui affecte également l'économie nationale, l'on peut envisager de demander à un certain nombre de salariés de faire des sacrifices, le leader du MSM juge, néanmoins, "trop bas" le seuil de Rs 12 000 arrêté par le National Pay Council (NPC) comme seuil maximal pour ceux ayant droit à une compensation salariale.

Pravind Jugnauth se dit, d'autre part, "convaincu" que le minimum qui aurait dû être accordé sous forme de compensation, cette année, aurait dû être l'équivalent du taux d'inflation. Il rappelle que, dans le temps, il avait, en tant que ministre des Finances, porté à Rs 4300 le seuil de salaires donnant droit à une compensation salariale. "Arrivé aux affaires, dit-il, Sithanen a descendu ce seuil à Rs 2700".

Il souligne que des bénéficiaires de prestations sociales comme les personnes âgées ne jouissent pas d'une meilleure considération. "L'on s'attendait au moins, dit-il, d'un effort pour ce qui concerne la subvention aux frais d'examens du SC et du HSC". Tout comme, explique le leader du MSM, pour ce qui est du National Residential Property Tax (NRPT) et de l'imposition des intérêts sur l'épargne bancaire.

De même, argue M. Jugnauth, les contribuables s'attendaient, au moins, à une révision du plafond des déductions et que les prêts-logement et les dépenses pour le financement des études des enfants soient exemptés de l'impôt sur le revenu. Il note que la promesse gouvernementale d'exempter les salariés touchant jusqu'à Rs 25,000 mensuellement n'est toujours pas respectée.

Tout cela fait dire à Pravind Jugnauth que le gouvernement demeure sourd à la détresse de la population alors qu'il se montre "hyper-sensible" aux voeux du secteur privé. "Sa philosophie ultra-libérale n'évolue pas même si, en se faisant, la population s'appauvrit et que l'emploi devient de plus en plus précaire". Il critique le ministre qui, déclare le leader du MSM, est "friand de fonds aux noms ronflants comme le Saving Jobs and recovery Fund".

M. Jugnauth note que des fonds additionnels sont débloqués au titre du Stimulus Package "soit-disant pour sauvegarder l'emploi" alors que, dit-il, il n'y a aucune obligation de la part du secteur privé. Il rappelle avoir déclaré qu'il fallait légiférer pour prévenir des licenciements. Le leader du MSM critique ce qu'il estime être, en substance, le manque d'engagement du gouvernement au chapitre du logement social. Il souligne, sous ce rapport, que le projet du type La Valette n'est conçu que pour seulement subvenir aux besoins de 30 familles.

Il note beaucoup "d'effets d'annonces" comme, dit-il, pour les six fonds créés en juin 2008. Ainsi, selon lui, ce qui est annoncé pour les PME ne seraient que des mesures "déjà annoncés". Il en serait de même, selon Pravind Jugnauth, pour le Foodcrop Insurance Scheme. "Le ministre, dit-il, défonce une porte ouverte". Il rappelle que le Small Planters Welfare Fund créé en 2003 alors qu'il était ministre de l'Agriculture avait fait provision pour un Crop Insurance Shceme. "Sithanen, déclare le leader du MSM, aurait du avoir l'humilité d'avoir copié".

Idem, selon lui, pour le train de mesures concernant les semences de pomme de terre et d'oignon. "Lon vient maintenant annoncer la création de trois fermes laitières alors qu'une entreprise qui pasteurisait déjà le lait des petits producteurs a été contrainte de fermer par pure vendetta politique", dit-il. Dans le même ordre d'idées, M. Jugnauth assure qu'il existe déjà un plan d'aide aux pêcheurs sous forme d'acquisition de bateaux de pêche.

Il dit aussi noté qu'après que l'on ait qualifié le secteur des technologies de l'Information (TIC) "d'éléphant blanc", le ministre vient affirmer qu'il s'agit, là, de "one of the most resilient industries". Sous ce même chapitre, la formation annoncée pour de jeunes détenteurs de SC et de HSC "n'est pas nouveau". Pravind Jugnauth ironise en abordant les projets d'infrastructures publiques en trouvant que le gouvernement veut "mett dan serk" avec, notamment, son projet de Ring Road.

Il se dit "sceptique" de voir aboutir, avant les prochaines élections, ce projet ainsi que ceux du Harbour Bridge, de la route Terre Rouge / Verdun ou encore le projet de bus lane. Dans le dernier cas, M. Jugnauth qualifie le projet de "véritable crime qui liera les mains et les pieds de la population". Mais le "plus grand scandale" c'est, déclare le leader du MSM, le projet de permettre, d'une part, aux ministères, de l'autre, aux "public bodies" dont les corps parapublics d'allouer des contrats pour des travaux d'une concurrence de Rs 50 millions et de Rs 100 millions, respectivement.

Dénonciation, tout aussi, d'une autre "piste à scandale"; la création de la Road Development Company, "une entreprise qui, explique le leader du MSM, ne sera pas revevable à l'Assemblée nationale". Sur ce dossier des infrastructures publiques, Pravind Jugnauth cite, en contraste, la "vison" de l'ancien gouvernement qui avait mis à exécution des projets pour une valeur totale de Rs 42 milliards.

Pravind Jugnauth qui se dit, au moins, "heureux" de la décision annoncée que les ministres renonceront à Rs 10 000 de leurs salaires jusqu'en décembre 2010 à titre de solidarité en ces temps difficiles confirme la décision de son parti, comme annoncé le 1er mai, de demander à ses parlementaires de contribuer 2% de leurs salaires de base jusqu'en décembre 2010 à un fonds de solidarité qu'il laisse le soin au ministre des Finances d'identifier.

M. Jugnauth appelle, non seulement, les autres parlementaires, mais aussi tous ceux qui, dans le secteur privé comme dans la Fonction publique touchent Rs 50 000 ou plus d'en faire autant "en signe de solidarité avec les plus démunis".