Pravind Jugnauth, leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), intervenant à l’Assemblée Nationale dans le cadre des débats sur la motion d'annulation de la dernière hausse du prix des produits pétroliers sur le marché local, a proposé le remplacement de l'Automatic Pricing Mechanism (APM) par un Independent Price Regulator. Ceci, soutient-il, devra rétablir la confiance de la population et sera, insiste-t-il, un signal fort en faveur de la bonne gouvernance. " Un Independent Price Regulator mettra fin à l'opacité qui gangrène le système actuel ", ajoute-t-il.
Pravind Jugnauth souligne en effet que si l'on est arrivé à cette motion d'annulation, c'est en raison de l'opacité qui s'est installée à la STC. Le ministère du Commerce (rebaptisé ministère du Business), est également à blâmer. " Rien n'a été fait pour que la transparence soit rétablie concernant la fixation des prix des produits pétroliers. Au contraire, il y a des décisions et des attitudes qui tendent à amener à conclure qu'il y a complicité pour cacher des vérités à la population. " Il se dit convaincu que de nombreux parlementaires, de même que des ministres n'arrivent pas à comprendre le fonctionnement de l'APM et comment les décisions de fixation des prix des produits pétroliers sont arrêtées. " Si nous ne comprenons pas, comment voulez-vous que la population comprenne les décisions de l'APM ? " Il prend un exemple réel pour soutenir ses dires : un de ses mandants trouve que lorsque le baril du pétrole était offert à $ 140, le prix de l'essence était fixé à Rs 49, 50 le litre. Et quand le prix sur le marché mondial a chuté à $ 65, dit-il, cette même personne pensait que l'essence allait être la moitié de son ancien prix. Or, cette dernière constate que le prix est à Rs 42, 30. " La logique de ce consommateur a été simple. Je comprends son amertume, car les prix pratiqués dans les stations d'essence sont difficilement réconciliables avec la tendance du marché mondial. "
M. Jugnauth estime que l'amertume de la population est justifiée. D'autant plus, ajoute-t-il, qu'au moment de la signature du contrat de trois ans avec Mangalore Refineries and Petrochemicals Ltd (MRPL) en juillet 2007, le ministre du Commerce d'alors avait indiqué que le pays ferait des économies de Rs 1 milliard pour la période couvrant juillet 2007 à juillet 2010. " Nous ne sommes pas contre le fait que MRPL ait décroché ce contrat. Ce que nous déplorons, c'est le manque de transparence dans le processus d'allocation de ce contrat et l'opacité autour de ses modalités. " Le précédent ministre du Commerce, Rajesh Jeetah ainsi que son successeur, Mahen Gowressoo, rappelle-t-il, avaient pris des engagements fermes pour rendre public l'accord conclu avec la compagnie indienne. À ce jour, indique-t-il, rien n'a été fait. Beaucoup de questions posées sont restées sans réponse jusqu'ici, ajoute-t-il.
Le député Jugnauth trouve inacceptable que la structure des prix des carburants sous l'APM ait été modifiée " en catimini " en janvier 2008 pour y cacher, argue-t-il, une provision pour le hedging cost. Cette provision, dit-il, s'élevait au départ à Re 1, 50 le litre. Elle est passée, indique-t-il, à Rs 3 le litre en novembre 2008. " On ne sait pas le montant atteint aujourd'hui. " Il y a eu, fait-il ressortir, toute une opacité autour de l'opération de hedging irresponsable réalisée par la STC et qui aurait, selon lui, occasionné des pertes d'environ Rs 3 milliards.
Le MSM comme un parti d'opposition, dit-il, a un devoir envers le peuple : celui de défendre ses intérêts quand ceux-ci sont menacés. " L'opacité dans laquelle opère la STC nuit aux intérêts des consommateurs. Les prix de l'essence et du diesel ne reflètent aucunement l'évolution du cours sur le marché mondial. " D'où sa décision de soutenir la motion d'annulation présentée par le leader de l'opposition, Paul Bérenger. Et d'appeler le gouvernement à ne pas sous-estimer la colère de la population. " L'absence de réaction ou de manifestations de rue ne veut pas dire que la population a accepté tous les frasques et les inepties de la STC. Tirer trop sur l'élastique social comporte des risques. Cet élastique peut se briser à tout moment et nous pouvons facilement imaginer les conséquences ", a -t-il prévenu.
|