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Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, est l'homme derrière le départ de l'ex-Directeur des douanes de la MRA. C'est ce que soutient le leader du MSM, Pravind Jugnauth, accusant Rama Sithanen d'avoir orchestré ce "limogeage", tout en se cachant derrière la MRA, qui insiste aujourd'hui sur le "gross misconduct and insubordination" de Bert Cunningham pour expliquer les raisons de ce départ.
Selon Pravind Jugnauth, "initialement le ministre des Finances souhaitait utiliser l'affaire de télévision pour provoquer le départ de Bert Cunningham. Mais lorsqu'il a constaté le ridicule dans lequel le plongerait cette accusation, la MRA est venu avec ses explications d'insubordination". Le leader du MSM revient également sur plusieurs points d'actualités, dont l'affaire Subutex et celle de Marcelin Humbert pour tirer à boulet rouges contre l'Attorney General. Le MSM est révolté et choqué que Rama Valayden soit toujours ministre de la Justice, indique Pravind Jugnauth.
"Le ministre des Finances doit assumer ses responsabilités. Je ne m'attendais pas à ce que Sithanen agisse de la sorte. En voyant cet épisode, nous constatons que la mafia gagne du terrain", estime le leader du MSM. Il intervenait dans le cadre d'une conférence de presse, hier, au Sun Trust Building. Faisant référence au témoignage de Bert Cunningham à l'ICAC dans l'affaire de télévision, Pravind Jugnauth fait ressortir que "d'un côté, on déclare Bert Cunningham comme indésirable et de l'autre on recherche son témoignage, avec un communiqué à l'appui soutenant qu'il est sans reproches dans cette affaire". S'il assure qu'il ne vient pas défendre les intérêts de Bert Cunningham, le leader du MSM fait ressortir qu'en toute logique, dans l'éventualité d'insubordination et de gross misconduct, en tant que ministre responsable, Rama Sithanen aurait dû initié les procédures pour mettre en place un comité pour régler cette affaire. Mais ce n'est pas cela qui a été fait, dit-il, ajoutant qu'au "contraire, on a donné une loterie à Bert Cunningham, quelque Rs 8 M, pour qu'il s'en aille". Le MSM se demande si la MRA adoptera la même attitude envers ses autres officiers qui auraient été suspendus de leur fonction. Pravind Jugnauth qui rappelle avoir côtoyé l'ex-directeur des douanes, à l'époque où il été ministre des Finances, souligne qu'il peut "témoigner avec certitude que Bert Cunningham est un homme honnête et droit, qui mène un combat forcené contre la fraude et la corruption". Selon lui, si le départ de l'ex-directeur des douanes a été provoqué, c'est parce qu'il représente une barrière pour la fraude et la corruption ainsi que la mafia.
Appels téléphoniques de Rama Valayden aux Casernes Centrales : incohérences dans les heures
Outre le départ de Bert Cunningham, le rôle de l'Attorney General dans l'affaire Subutex, impliquant Cindy Legallant, Bernard Joly et Sada Curpen, a longuement été commenté par le leader du MSM. Le parti est "révolté et choqué que Rama Valayden soit toujours ministre de la Justice". Selon Pravind Jugnauth, "les Rama au sein du gouvernement sont tous les mêmes et font du cinéma". Faisant référence à la démission de l'Attorney General, Pravind Jugnauth revient sur l'épisode de la démission du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, déplorant que ces deux membres du gouvernement "ne savent pas à qui remettre leur démission". Tout ministre, mais plus particulièrement le ministre de la Justice, se doit d'être une personne sans soupçons, fait ressortir le leader du MSM, estimant que ce poste doit être occupé par une personne intègre. "Mais nous constatons, dans le cas de Rama Valayden, des actes condamnables, intolérables", dit-il. Il est ainsi revenu sur les nombreuses contradictions "grotesques" concernant l'Attorney General dans l'affaire Subutex. Se référant à la réponse du Premier ministre au PNQ du 5 aôut dernier et à celle de mardi dernier, Pravind Jugnauth fait état des "incohérences" par rapport au fil des événements comme cela a été rapporté par la police le mercredi 23 juillet. Le leader du MSM s'appuie principalement sur les heures auxquelles le ministre de la Justice aurait effectué ses appels téléphoniques aux Casernes Centrales, soutenant qu'en tenant compte des relevés de Mauritius Telecom (MT), on constate qu'il y a eu d'autres communications téléphoniques entre l'Attorney General et l'ADSU, ce 23 juillet. "D'autant plus que si on considère d'après les relevés de MT que l'AG a appelé l'ACP Padayachee à 12h22 et que ce dernier l'a rappelé à 12h43, les zones d'ombres s'amplifient, car le control delivery avait déjà été effectué depuis plus de 5h plus tôt", souligne Pravind Jugnauth.
Il est aussi revenu sur l'affaire de Marcelin Humbert, soulevée mardi dernier au Parlement. Pravind Jugnauth fait ressortir qu'une fois de plus, l'ombre de Rama Valayden plane sur cette affaire. Selon lui, le Premier ministre a une fois de plus été induit en erreur, car dans sa réponse au Parlement, Navin Ramgoolam soutient que Marcelin Humbert a été relâché sous caution, alors que le police indique que cet individu a été relâché sur parole. "Les documents parlent d'eux-mêmes", soutient Pravind Jugnauth, relevant que le ministre de la Justice est intervenu au téléphone à 03h00 pour qu'un de ses activistes soit relâché. "Enough is enough", estime le leader du MSM, soutenant qu'une fois au pouvoir, son parti fera la lumière sur tous ces cas.
Le MSM commente également les amendements qui seront apportés au Dangerous Drugs Act, "dans la précipitation alors que l'Attorney General ti pe dormi lor sa la loi la, soi disant bizin guett l'OMs ek gagn lezot consultations". Nous laissons à la population de tirer ses propres conclusions, avance Pravind Jugnauth, ajoutant qu'en réalité, depuis toujours, les amendements qui devraient être apportés aurait pu se faire en une semaine.
Par rapport au scandale Boskalis, le MSM demande au président de la Mauritius Ports Authority (MPA), Siddick Chady, de "step down", jusqu'à la fin de l'enquête. Il déplore également le conflit d'intérêt autour de la loterie nationale, s'interrogeant sur le flou des explications fournies par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, concernant le deuxième round de l'appel d'offres qui n'a pas été effectué.
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