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Invalidation de l'élection d'Ashock Jugnauth / Pravind Jugnauth, leader du MSM: "Partielle ou législative, le MSM est prêt à toute éventualité"

 
 

Après le prononcé du jugement du "Privy Council" invalidant l'élection d'Ashock Jugnauth, le MSM, fort du succès de son dernier congrès "qui a fait des jaloux" est "prêt à toute éventualité" que ce soit pour une partielle ou pour des législatives anticipées. Commentant, par ailleurs, hier (samedi 8 novembre), l'élection de Barack Obama à la présidentielle américaine, Pravind Jugnauth a estimé que sir Anerood Jugnauth, lui-même et le MSM ont "indiqué le chemin aux Etats-Unis" en faisant de Paul Bérenger le Premier ministre de Maurice.

Par rapport à la préconisation par les "law lords" d'un Code de conduite pour tout Caretaker government et tout ministre en fonction le temps que dure une campagne électorale, M. Jugnauth se dit "heureux" de la déclaration du Commissaire électoral à l'effet qu'un document de base y relatif est en préparation et que tous les partis politiques seront consultés à cette fin. Il assure, sous ce rapport, de la collaboration du MSM.

Pravind Jugnauth regrette qu'il aura fallu attendre trois ans pour que le siège du député contesté soit, finalement, rendu vacant. Il explique qu'entre-temps, Ashock Jugnauth a joui d'un certain nombre de privilèges, a pu participer à des votes à l'Assemblée nationale et a même "changé le cours des événements politiques". Selon le leader du MSM, il faudrait faire, qu'à l'avenir, toute contestation du siège d'un élu soit débattue en Justice dans le meilleur délai possible.

Le leader du MSM, répondant à une question, estime qu'il est du droit du leader du MMM, Paul Bérenger de soutenir Ashock Jugnauth. "Il est libre de ses actions", dit-il. Quant à l'éventualité, désormais, d'une partielle, il explique que le Premier ministre, Navin Ramlgoolam, n'avait pas le choix de déclarer qu'elle allait se tenir. Dans une telle éventualité, déclare Pravind Jugnauth, le MSM décidera, "en temps et lieu", qui sera son candidat.

Mais, déclare-t-il, fort du succès de son dernier congrès "qui a fait des jaloux", le MSM est prêt à "toute éventualité"; que ce soit pour une partielle ou des législatives anticipées. Et le temps, dit-il, dira si le MSM affrontera "seul ou avec un autre parti" la prochaine échéance électorale.

Pravind Jugnauth qualifie, par ailleurs, sa récente mission aux Etats-Unis à l'invitation du Département d'Etat américain en vue de suivre l'élection présidentielle américaine et voir sur place le mode de fonctionnement du système électoral américain d'expérience "extraordinaire, enrichissante et historique". Il se dit "très satisfait" de ses différentes rencontres sur place et qualifie le vainqueur du scrutin, Barack Obama de "jeune leader de 47 ans représentant un nouvel espoir".

Le leader du MSM se dit particulièrement frappé par la "simplicité de langage", et la "sincérité" du président Obama et se dit "convaincu" qu'il saura passer à l'action. M. Jugnauth espère que le nouveau Sénat aidera à améliorer encore plus les relations entre les Etats-Unis et Maurice et que l'Afrique aura une considération particulière sous l'administration de M. Obama. Il dit aussi espérer que, parallèlement, le contentieux sur les Chagos trouve un dénouement heureux.

Pravind Jugnauth s'étonne, quand même, que certains s'interrogent, en substance, sur l'éventualité qu'à Maurice une personnalité issue d'un groupe minoritaire puisse aspirer à la plus haute fonction exécutive. "Sir Anerood Jugnauth et le MSM ont donné une leçon au monde en faisant de Paul Bérenger le Premier ministre de Maurice. C'est cela la leçon faite au monde. Nous avons indiqué le chemin aux Etats-Unis!"

Il s'empresse, toutefois, de souligner qu'il convient, néanmoins, entre-temps, d'en tirer les leçons "pour ce qui s'est passé par la suite!" Pour lui, s'il existe un leader qui s'estime "plus fort que jamais" et capable, selon lui, de rallier derrière son nom le maximum de votants, "qu'il en tire les leçons et se présente devant l'électorat comme Premier ministre! On verra bien les résultats…"

Prix pétroliers: Quand Sithanen prête l'oreille au secteur privé

Le dossier des prix pétroliers a aussi fait l'objet de commentaires du leader du MSM. Ce dernier qualifie de "sacandaleuse" la façon par laquelle, selon lui, ce dossier est traité.. M. Jugnauth rappelle que début octobre, lors de l'exercice d'Automatic Pricing Mechanism, le coût du diesel à la pompe avait augmenté par 20% et celui de l'essence n'avait baissé que par 5% alors que sur le plan mondial, les prix pétroliers avaient accusé une baisse de 40%. Il rappelle qu'à l'époque et en dépit des protestations de la population, le ministre des Finances avait déclaré qu'il n'en pouvait rien "tout en encaissant la TVA".

Or, soutien Pravind Jugnauth, ce n'est que quand le "lobby" du secteur privé dans le textile et le commerce s'est manifesté pour protester contre les prix des produits pétroliers que M. Rama Sithanen aurait "réagi" fin octobre. "Ce qui était impossible quand le peuple s'était manifesté est, tout d'un coup, devenu possible!", dit-il. L'exercice d'APM a été ramené à se renouveler sur une base mensuelle alors que les prix ont aussi baissé. "Et le secteur privé a applaudi!"

Pour le leader du MSM, le ministre Sithanen "ne prête toujours l'oreille qu'au seul secteur privé". Citant les prix en vigueur en avril/mai 2006 quand le prix du baril était de US$ 64, soit le même qu’aujourd’hui, M. Jugnauth trouve que malgré les dernières baisses, les prix de l'essence et du diesel par litre sont encore, respectivement, de Rs 8.50 et Rs 12.50 plus chers.

Il souligne, par ailleurs, qu'en portant à 7.5% le taux maximal de hausse désormais autorisée pour l'exercice mensuel d'APM, cela équivaut à un taux de 22.5% par trimestre contre 20% jusqu'ici. "Voilà une occasion de plus pour éplucher le peuple!", commente-t-il.