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Jugement de la Cour suprême dans l'affaire Beeharry / M. Pravind Jugnauth, leader du MSM: "Occasion de plus de mettre Valayden à la porte!"

 
 

"Le récent jugement de la Cour suprême dans l'affaire Beeharry est une nouvelle occasion donnée au Premier ministre de mettre Valayden à la porte", estime le leader du MSM, Pravind Jugnauth. M. Jugnauth donne, par ailleurs, "entièrement raison" au back-bencher travailliste "qui ne fait plus confiance à Gokhool"dans le sillage du conflit opposant les enseignants du secondaire au ministère de l'Education à propos de l'extension de leur horaire de travail.

Pravind Jugnauth explique, d'emblée, que le dénommé Suthudeo Beeharry, qui a entré l'affaire en Cour suprême, au sujet des postes de vice-Premier ministre et d'Attorney General est "une colonne du MSM" et que c'est son parti qui est à l'origine de toute l'affaire défendue en Cour par l'avoué Pradeep Roopun, membre du Bureau politique du MSM et l'avocat Anil Gayan, à l'époque, lui aussi, membre du Bureau politique du MSM.

Pour lui, il est clair qu'après le jugement rendu, le gouvernement va au- devant de graves problèmes par rapport aux dispositions des Articles 59 et 69 de la Constitution. Ces Articles de la Constitution stipulent, respectivement, explique M. Jugnauth, qu'il ne peut y avoir qu'un vice-Premier ministre et qu'un Attorney General non-élu ne peut, par ailleurs, assumer d'autres responsabilités ministérielles.

"A moins que le Premier ministre ne décide autrement, c'est, donc, le Dr Rashid Beebeejaun qui est le vice-Premier ministre et c'est grave que Xavier-Luc Duval et Rama Sithanen aient, eux aussi, prêté serment comme tel". Dans le cas de l'Attorney General, le leader du MSM souligne que, déjà, à l'époque, son parti avait déclaré que Rama Valayden officiait "de manière illégale", dans la mesure où il ne pouvait aussi assumer les fonctions de ministre des Droits humains.

"A chaque fois, il intervenait auprès des institutions de l'Etat de manière inacceptable et condamnable." Aussi, à la lumière du jugement de la Cour suprême, Pravind Jugnauth estime que c'est une nouvelle occasion qui est donnée au Premier ministre "de le mettre carrément à la porte". Pour lui, dans le cas de Rama Valayden, "un non-élu", la situation est "encore plus grave" et M. Jugnauth explique que ce qui satisfera le MSM c'est "de mettre Valayden à la porte".

Ce parti qui, déclare son leader, attend la suite des événements, trouve "dommage" que l'on ait eu à attendre trois ans pour que tombe ce jugement. "Cela fait trois ans d'irrégularités pour une affaire de premier ordre pour le pays et il faut qu'à l'avenir, de tels cas soient débattu au plus vite par la Cour suprême".

Exprimant son avis personnel sur ce qui pourrait être fait pour rectifier le tir, M. Jugnauth estime qu'il faudrait, sans doute, que ceux concernés prêtent, de nouveau, serment. "Les juristes du Parquet indiqueront la marche à suivre", dit-il, tout en concédant que toute cette affaire risque d'avoir d'énormes implications légales.

De manière plus générale, Pravind Jugnauth déclare qu'il aurait souhaité que dans son jugement, la Cour suprême indique qui sont les personnes qui auraient pu avoir un locus standi dans cette affaire. Dans le cas particulier de M. Valayden, le MSM, déclare son leader, se réserve le droit d'envisager des actions légales au cas où le tir n'est pas rectifié par le Premier ministre.

Conflit dans le secondaire: "Gokhool aux arrêts"

Dans le cas du conflit opposant les syndicats d'enseignants du secondaire au ministère de l'Education, M. Jugnauth qualifie le ministre de tutelle de "ministre gabegies", qui, dit-il, après ses "menaces arrogantes" a fini, encore une fois, par "reculer".

Pour lui, Dharam Gokhool s'est rendu "ridicule" à réclamer 30 minutes de travail additionnel pour les enseignants du secondaire "qui assurent déjà la correction des épreuves et la préparation des notes".(...) "Tout marchait déjà bien et il a fallu qu'il vienne mettre du désordre". Pour lui, "Gokhool a été pris aux arrêts".

Comme pour enfoncer le clou, Pravind Jugnauth cite le député travailliste, Suren Dayal, pour qui "le ministère est de mauvaise foi", a "dupé les enseignants" et qu'il y a eu "coup de poignard dans le dos". Le leader du MSM donne "entièrement raison" au back-bencher rouge qui, dit-il, "ne fait plus confiance à Gokhool". Aussi, pour lui, le ministre de l'Education "qui aurait dû partir depuis longtemps devrait, encore plus, cesser de faire du torts aux enfants".

Le PPS, Richard Duval, en a aussi pris pour son grade. Pour M. Jugnauth, ce dernier aurait dû démissionner de son poste et "assumer les conséquences de ses actes". Or, explique le leader du MSM, M. Duval déclare qu'il ne laissera pas tomber son électorat "comme si l'électorat lui avait accordé une licence pour avoir une connexion avec une présumée pratiquante de Subutex!" Pour Pravind Jugnauth, le Premier ministre aura à "assumer les conséquences" au moment du vote au cas où il s'obstinerait à "cautionner les Richard Duval, Valayden, Chady et autres".

La situation du "law and order" préoccupe encore le MSM pour qui la criminalité et le banditisme ont pris des "proportions dramatiques". M. Jugnauth cite, entre autres récents cas, celui du couple de Coréens, en lune de miel, attaqué à Mon-Choisy, l'affaire du viol d'une adolescente française de 15 ans, les seize vols enregistrés "en 24 heures" ainsi que le braquage au fusil d'un magasin à Grand-Baie "à quelques mètres d'où se tenait une campagne de la police contre le crime".

"Plusieurs pays, dont l'Australie, ont émis des communiqués évoquant l'insécurité à Maurice", dit-il, comme pour dépeindre l'image projetée pour la destination touristique qu'est notre île. "Il faut d'un sursaut national", martèle le leader du MSM. M. Jugnauth réitère, en conséquence, son appel au Premier ministre pour une "opération nettoyage d'envergure nationale" et non "des actions piece-meal". "Le MSM renouvelle son souhait d'offrir un coup de main dans cette lutte dont on ne saurait faire une question politique", dit-il.

Pravind Jugnauth réitère aussi sa demande de "transparence" pour ce qui concerne les contrats d'approvisionnement en farine. "Le peuple a le droit de tout savoir sur le contrat relatif à la farine de Turquie, tout comme il a droit de savoir ce qu'il en est de la farine chinoise dont on nous a promis", dit-il. Quant à l'affaire Boskalis, il demande à ce que l'on publie ce que l'on dit savoir de Prakash Maunthoorah dans cette affaire "et non pratiquer de la diversion".

"Je veux que l'on me démontre comment Maunthoorah serait impliqué. Que l'enquête se fasse y compris sur Maunthroorah", déclare le leader du MSM. Il rappelle que le contrat en question, accordé à la société Boskalis, a été alloué en 2006 et que M. Maunthroorah a, lui, plus rien à faire avec le secteur portuaire depuis 2003.