Le MSM est "heureux" que son fondateur et ancien leader, Sir Anerood Jugnauth, demeure président de la République dans les circonstances actuelles. Mais, a assuré son leader, Pravind Jugnauth, "cela n'influencera pas l'action politique du MSM et cela n'empêcherait pas non plus une alliance électorale MSM-MMM si cette alliance devait se faire".
Du fait que le MSM avait rencontré la presse avant que le remaniement ministériel ne soit officiel et que la prestation de serment des nouveaux ministres ait lieu, Pravind Jugnauth n'a pas commenté l'exercice. Il se propose d'y revenir. "Nous, au MSM, sommes heureux que sir Anerood Jugnauth demeure président de la République dans les circonstances actuelles. Que ce soit pour des raisons socio-économiques ou politiques, sir Anerood Jugnauth représente une assurance pour le pays et pour la population. Il est bon qu'il y ait à Réduit une personne qui sauvegarde les valeurs démocratiques, qui soit un symbole de la stabilité, qui ait un franc-parler, qui soit droit et qui représente la rigueur. SAJ à la State House, le pays sera rassuré. C'est aussi une fierté pour le MSM que son ancien leader continue à assumer les plus hautes fonctions de l'État. Mais, ceci dit, d'un côté, il y a sir Anerood Jugnauth, chef de l'État, et de l'autre, il y a le MSM avec Pravind Jugnauth qui en assume le leadership depuis 2003. Nous avons une action politique et une direction totalement indépendantes. Dans un contexte particulier où SAJ est président alors que moi, son fils, j'évolue dans l'opposition, il est bon de spécifier que nous opérons indépendamment de quiconque, y compris de sir Anerood Jugnauth. Nous continuerons à assumer notre rôle de parti d'opposition et au niveau national et nous ferons tout pour défendre l'intérêt de la population". Ainsi a parlé Pravind Jugnauth.
"Commentaires lâches contre la Président"
Ensuite, faisant ressortir "qu'il y a eu beaucoup de spéculations et commentaires sur la succession à la présidence de la part d'éditorialistes et de personnes qui ont fait accroire certaines choses", Pravind Jugnauth a dit noter que l'ancien président de la République, Cassam Uteem, a affirmé que, s'il s'était retrouvé à la place de SAJ lors de la prestation de serment des ministres en public après les élections générales de 2005, dans le contexte qui prévalait à ce moment-là, il aurait agi de "la même façon". Pravind Jugnauth se référait, en fait, à la prestation de Rama Sithanen et de Xavier-Luc Duval comme vice-Premier ministres non conformes à la Constitution comme établit par l'affaire Beeharry. Pravind Jugnauth a déploré ce qu'il a qualifié de "de commentaires lâches et déplacés visant à pointer du doigt le Président de la république". Il a soutenu avoir "découvert, ces jours-ci, de grands champions de rééquilibrages ethniques parmi des politiciens et des éditorialistes qui, hier, me traitaient de communaliste et de passéiste pour avoir simplement dit que dans ce pays il y a des réalités."
"Occasion en or pour mettre Valayden à l'écart"
Du remaniement ministériel survenu hier, Pravind Jugnauth (alors ignorant des détails) a déclaré que c'était une occasion en or pour mettre à l'écart des membres du gouvernement comme Rama Valayden pour sa façon "condamnable d'intervenir auprès des institutions surtout qu'il avait lui- même offert sa démission récemment". Il y a eu également, selon Pravind Jugnauth, des ministres qui ont failli à leurs tâches à l'instar de Rajesh Jeetah.
Le leader du MSM a profité de la conférence pour critiquer le maintien de Gilbert Philippe à son poste de conseiller du Premier ministre longtemps après qu'il eut été impliqué pour blanchiment d'argent dans l'affaire Boskalis. Selon Pravind Jugnauth, sans faire déjà procès de Gilbert Philippe, en prenant en considération les témoignages accablants contre lui, le gouvernement aurait dû lui demander de se retirer en attendant de répondre à la justice. Pour le leader du MSM, le gouvernement doit lui- même être condamné dans cette affaire, ne serait-ce que pour n'avoir pas appliqué envers Gilbert Philippe le même principe adopté contre Chady, qui, lui, a été contraint de démissionner de la MPA. pour les mêmes raisons.
A l'heure des questions, Pravind Jugnauth avait précisé que le MSM rejetterait toute tentative du gouvernement de maintenir les deux postes de vice-Premier ministre déclarés irréguliers par la Cour suprême dans l'affaire Beeharry. Toutefois, en l'absence, à ce stade, d'un texte de projet de loi concret, le MSM n'a pas voulu préciser sa position au cas où le Premier ministre solliciterait un amendement constitutionnel pour un tel maintien.
Le MSM considèrerait-il toujours sir Anerood Jugnauth comme un président garant de la stabilité socio-économique et des droits acquis si ce dernier donnait son assentiment à l'Employment Relations Bill et l'Employment Rights Bill, les deux lois votées par l'Assemblée nationale, combattues par le MSM, qui les ont qualifiés de loi-retour vers l'Esclavage ? A cet question de Week-End, Pravind Jugnauth a répondu que "ce ne serait pas la première fois que Sir Anerood donnerait son accord à une loi controversable, vu la marge de manœuvre limitée que lui accorde la Constitution par rapport aux lois auxquelles il doit donner son assent. C'est le gouvernement qui doit porter la responsabilité de ces lois. De toute façon, le MSM, a-t-il dit, agira indépendamment de Sir Anerood Jugnauth comme il l'a toujours fait".
Le MSM inquiet d'un projet de limitation d'accès à l'internet
La perte d'identité de Mauritius Telecom (MT) au profit de son partenaire France Telecom inquiète le MSM. Selon Pravind Jugnauth : "Servihoo, un portail complètement mauricien n'existe presque plus et, de surcroît, non seulement deux leaders syndicaux ont été injustement licenciés par la direction de MT, mais il est aussi question de limiter l'accès aux services internet d'ADSL."
Le leader du MSM dit avoir appris que les abonnés pourraient, à l'avenir, ne plus bénéficier de l'accès gratuit 24 heures sur 24, comme c'était le cas sous l'ancien gouvernement. Selon Pravind Jugnauth, la direction de Mauritius Telecoms semble vouloir aller à contre courant de ce qui se fait dans le monde entier, particulièrement dans les pays européens. Selon Pravind Jugnauth, "Pé rode tirr jus avec bann Mauriciens".
Le leader du MSM a également dénoncé des pressions qui, selon lui, "sont exercées sur les travailleurs de Mauritius Telecom pour qu'ils optent pour une nouvelle grille de salaires". L'intention de la direction de MT serait aussi de vendre aux travailleurs de la compagnie des actions dans l'entreprises alors que l'ancien gouvernement avait, lui, offert ces actions (1%) gratuitement.