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Politique économique : Les propositions du MSM contre l’ultra-libéralisme du gouvernement

 
 

Réquisitoire du leader du MSM, Pravind Jugnauth, contre la politique économique du gouvernement. À Goodlands, vendredi soir (9 octobre), où le MSM donnait le coup d'envoi d'une série de onze réunions à travers l'île sur des sujets précis, le leader du MSM s'est attaqué à la politique économique du gouvernement dans son ensemble. Au plan plus politique, Pravind Jugnauth devait par ailleurs dire que plutôt que d'avoir à faire partie d'un gouvernement "en tant que béquille", le MSM préférerait "tomber dans l'honneur". "Au MSM, déclare le leader de ce parti, personne n'est à la recherche d'enn boute", poursuivant qu'"en alliance, nous entendons être respectés en tant que partenaire".

Pour Pravind Jugnauth, contrairement à "ceux qui écrivent l'Histoire à leur façon", ou encore "ceux qui déforment l'Histoire", le MSM prend pour témoin son passé. Un passé, dit-il, "connu du peuple", non des "grands érudits de l'Histoire", et qui témoigne de ce que sir Anerood Jugnauth et le MSM ont accompli pour le progrès et le développement économique du pays. Rappel de la situation "chaotique" des années 70-80 et du travail accompli à partir de là "dans la persévérance, la discipline et même parfois avec un langage un peu dur" jusqu'à ce que, selon le leader du MSM, le monde reconnaisse le "miracle économique" dont son parti fut "l'architecte".

"Notre devise, dit M. Jugnauth, est demeurée la même et nous poursuivons la même philosophie que SAJ". Il affirme que le MSM "a prouvé" et "prouvera encore" qu'il tient à la "parole" et aux "engagements" qu'il prend "envers quiconque". "La Deuxième Génération MSM continue de bâtir dans l'unité nationale et a la conviction de pouvoir transformer le pays et de le faire atteindre un nouveau palier de son développement économique au profit de tous et non d'une poignée".

Dans la "situation économique mondiale dynamique" marquée par des "changements drastiques", le travail du MSM se poursuit, déclare son leader. Il note une "différence fondamentale" entre l'opinion de son parti et celle du gouvernement du jour. "Durant quatre ans, dit Pravind Jugnauth, ce gouvernement n'a vu que dans la direction d'une poignée de capitalistes". Selon lui, chaque budget présenté n'aura comporté que des mesures "en faveur du grand capital", alors même que, souligne-t-il, le pouvoir d'achat de la grande majorité de la population n'a cessé de se "déprécier".

Rappel de la dépréciation "par 20%" de la roupie au seul bénéficice du secteur privé avec, pour conséquence, la flambée des prix. M. Jugnauth prend à témoin le Central Statistics Office (CSO), "une institution indépendante" qui, dit-il, établit que les Mauriciens "s'appauvrissent davantage jour après jour" à la faveur, notamment, d'une "inflation record". Si bien, dit le leader du MSM, que le ministre des Finances a dû parler de situation d'"absolute poverty" dont M. Jugnauth rend le gouvernement "responsable".

"Si l'on n'y prend garde, nous nous acheminons vers des années de misère comme celles des années '70/'80", assure Pravind Jugnauth. Dénonciation, dans la foulée, de "l'incompétence à la State Trading Corporation (STC)" et de la politique fiscale "qui affecte surtout la classe moyenne qui se retrouve, aujourd'hui, en grande difficulté". Parallèlement, il souligne que l'impôt sur les compagnies a baissé et que les dividendes sont exonérées d'impôt.

Évocation des Rs 14 milliards du "stimulus package" au secteur privé "sans aucune garantie de préservation de l'emploi" et de l'abolition des tripartites pour la compensation salariale et des "Rs 100 millions refusées pour les subventions aux frais d'examens de SC et de HSC".

"Pas un seul nouveau pilier économique n'a été créé en quatre ans si ce n'est le gambling!", note encore Pravind Jugnauth. Et de poursuivre son réquisitoire: "la croissance à 6% dont avait parlé le ministre n'a jamais été atteinte" et "pas un seul projet d'infrastructure d'envergure n'a aussi été réalisé". Et le leader du MSM d'évoquer les "engagements" que prend son parti en vue de "rétablir l'équilibre entre l'économie et le social". "Le MSM, souligne-t-il, n'est pas contre le secteur privé". Il veut créer l'environnement qui lui soit favorable tout en veillant aux intérêts de la masse des salariés.

"L'alternative à la politique ultra-libérale de ce gouvernement"

"Il y a une alternative à la politique ultra-libérale de ce gouvernement", assure M. Jugnauth qui prend "l'engagement" de permettre au pays de renouer avec "un deuxième miracle économique". Il évoque, à ce propos, sa promesse de faire de Maurice un "duty-free island" comme énoncé dans son dernier budget sous le précédent gouvernement MSM/MMM. "Nous visons, dit-il, non seulement à éliminer les taxes douanières sur les produits mais aussi à une modernisation des infrastructures, notamment le transport public". Sous ce dernier rapport, Pravind Jugnauth explique qu'il n'existe pas d'autre choix qu'un "light rail transport system" comprenant notamment, au niveau des stations, des "shopping malls".

L'idée derrière son projet de duty-free island, explique M. Jugnauth, est de créer les opportunités pour que les touristes de passage aient amplement l'occasion de sortir de leurs hôtels et de dépenser au maximum. Autre "grand projet" cher au MSM: la réouverture du port de Mahébourg en vue de permettre le basculement d'un certain nombre d'activités dans le sud. M. Jugnauth cite le stockage pétrolier qui sera, ainsi, au net avantage de l'approvisionnement de l'aéroport en carburant d'avions.

En matière fiscale, Pravind Jugnauth prend l'engagement que le MSM abolira la National Residential Property Tax (NRPR) ainsi que l'imposition des intérêts à l'épargne bancaire et rétablira les exonérations autrefois accordées, notamment, sur les prêts-logements ou les dons aux institutions charitables.

"Nous avons pour vision la baisse progressive du taux d'imposition de l'Income Tax jusqu'à l'élimination complète de l'impôt sur le revenu", explique le leader du MSM. Un certain nombre d'exemptions concernera aussi les petits planteurs. Au ministre des Finances et au gouvernement qui soutiennent que les mesures préconisées par le MSM nécessiteront une hausse de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), M. Jugnauth assure qu'il n'en est rien. "Ces mesures, nous pourront les appliquer sans augmenter la TVA, je vous l'assure", soutient-il.

Une autre mesure annoncée concerne une diminution de l'écart entre les intérêts perçus par les banques sur les prêts accordés à des clients et les intérêts perçus par des clients sur les dépôts en banque. Le MSM promet de réduire l'écart qui existe à ce jour à ce niveau à un taux "raisonnable". Ce parti prend aussi l'engagement de rétablir les négociations tripartites pour la compensation salariale et reviendra de l'avant avec son projet de Employees Real Estate Investment Trust. Aussi envisagée: la participation des salariés de l'industrie touristique à l'actionnariat des établissements hôteliers.

"Le MSM, demain, formera le gouvernement mais pas en tant qu'une béquille!", prévient Pravind Jugnauth. En alliance, dit-il, le MSM s'attend à être respecté par son partenaire tout comme il s'engage à le respecter. Au cas contraire, "nous avons notre fierté, nos propres compétences et notre propre capacité". "Nous préférons, le cas échéant, tomber dans l'honneur!", souligne le leader de ce parti qui affirme qu'au MSM, ni lui ni personne n'est à la recherche "d'enn boute", car "c'est l'intérêt du pays qui doit primer".