Pravind Jugnauth, leader du MSM, demande la mise en place d'une cellule de crise sanitaire permanente en vue de gérer la situation en cas de survenue d'épidémies comme la grippe A (H1N1) ou le chikungunya. Il déplore les "accusations mutuelles" qui ont été échangées entre Maurice et la Réunion au sujet de la grippe A alors que, selon lui, une coordination régionale englobant nos deux îles est nécessaire pour une veille sanitaire efficace.
M. Jugnauth est d'avis que les différents chiffres avancés en ce qui concerne la grippe A, notamment par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le ministère de la Santé, les sources hospitalières et l'association des médecins du privé créent "beaucoup de confusion". Aussi appelle-t-il les autorités à agir "dans la transparence". Il trouve qu'il semble qu'avec la décentralisation du traitement des malades par l'entremise des "flu clinics", les risques que la maladie ne se répande davantage diminuent et qu'il semble qu'il y a une stabilisation dans le nombre de cas rapportés et qu'il y a conséquemment un début de contrôle.
"Si tel est le cas, déclare le leader du MSM, cela est encourageant". Mais, estime-t-il, ce n'est pas le moment de "baisser les bras". Pour lui, il convient d'investir davantage, entre autres, dans les médicaments et éventuellement, les vaccins. Pravind Jugnauth souhaite que les autorités travaillent déjà sur un plan prioritaire comme la France pour ce qui est de l'administration éventuelle des vaccins. Il réitère aussi son appel pour le recrutement additionnel sur une base temporaire des ressources hospitalières.
Il demande aussi la mise en place d'une cellule de crise permanente qui gérerait, non seulement, cette épidémie de grippe A mais aussi, en substance, toute autre épidémie dont le chikungunya. "Le ministre des Finances doit débourser les fonds nécessaires". M. Jugnauth estime aussi nécessaire une coordination au niveau régional et déplore les "accusations mutuelles" qui se sont adressées entre Maurice et la Réunion au sujet de la grippe A.
Pour ce qui est de la fermeture des écoles, il note que là aussi, il y aurait eu "confusion", notamment du fait que certains parents n'ont pu récupérer les devoirs de leurs enfants. Il parle aussi des émissions éducatives retransmises sur deux chaînes et qui auraient pu ne pas être suivies comme il se doit par les étudiants au cas où il y aurait plus d'un enfant scolarisé au sein d'une même famille. Aussi, le leader du MSM estime nécessaire des cours de rattrapage en vue de s'assurer que personne ne soit pénalisée. Pour ce qui concerne les examens du CPE, il est d'avis qu'ils doivent être renvoyés d'une semaine.
Evoquant les cas confirmés de chikungunya enregistrés à la Réunion, Pravind Jugnauth estime qu'il faut agir vite. Selon lui, il convient de "tirer les leçons" de la façon dont l'épidémie de chikungunya avait été gérée en 2007. "Il se peut, dit-il, que cette maladie soit déjà chez nous. Il faut d'un programme de fumigation au plus vite et agir sur le terrain. Prenant à témoin cette résurgence du chikungunya dans la région, M. Jugnauth estime d'autant plus nécessaire la cellule de crise sanitaire permanente qu'il a évoquée."
UoM: "contradiction" dans la politique du ministère
Parlant par ailleurs de l'Université de Maurice, M. Jugnauth évoque ce qu'il qualifie de "contradiction" entre ce que dit le ministère de l'Education et "la façon d"agir". "On dit qu'il faut davantage d'étudiants à l'UoM. Or, alors que le ministre des Finances a prévu un budget de Rs 1 milliard pour le ‘Knowledge and Arts Development Fund’, on ne trouve pas Rs 100 millions additionnels pour l'université".
Il explique que certains jeunes se sont inscrits pour s'entendre dire plus tard que par manque de fonds, l'université ne sera pas en mesure de dispenser un certain nombre de cours. D'où selon lui, la "contradiction" entre "les belles paroles" et "les décisions prises". Pravind Jugnauth dit ne pas comprendre la décision prise visant à faire payer davantage ceux qui échouent à l'université et demande à ce que le ministère de l'Education rectifie cette "bêtise".
Le leader du MSM dit, d'autre part, sa satisfaction de la poursuite des négociations en vue de la signature d'un APE intérimaire liant les pays du groupe AFOA et la Commission européenne. Il rappelle que le processus à cette fin avait démarré sous le précédent gouvernement MSM/MMM alors qu'il était ministre de l'Agriculture. Il souligne que lui et son collègue, Nando Bodha avaient auparavant participé "activement" à ces négociations. Dans la perspective des "menaces" sur le sucre, la réforme de l'industrie sucrière avait été enclenchée.
"Nous avions, dit-il, lutté en vue de maintenir nos acquis les négociations de l'OMC" M. Jugnauth se dit "heureux" de la signature de cet accord intérimaire mais rappelle que pour accéder dorénavant au marché européen, les produits mauriciens devront être compétitifs. Selon lui en ce qui concerne, notamment, le sucre, le thon et le textile, nous pouvons maintenir et améliorer notre part de marché. Selon lui, il est important de poursuivre la réforme de l'industrie sucrière en vue d'être encore plus compétitif et diversifier davantage.
Pour lui, il convient de trancher en ce qui concerne le dossier énergétique. Il trouve "dommage" que l'on ait piétiné en ce qui concerne l'éthanol. Il cite en exemple le projet de faire carburer des véhicules au moyen d'essence éthanolé "dont on entend plus rien après quatre ans", selon Pravind Jugnauth. "Je déplore, dit-il, qu'on ait perdu du temps et que l'on ait voulu réinventer la roue", dit-il. M. Jugnauth réitère aussi sur le même sujet de l'énergie la nécessité d'une utilisation "optimale" de la bagasse.