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Pravind Jugnauth leader du MSM: "Le dernier exercice de l'APM est un scandale inacceptable"

 
 

Pravind Jugnauth (leader du MSM) qualifie de "scandale inacceptable" le dernier exercice de l'Automatic Pricing Mechanism (APM), qui a débouché sur une nouvelle hausse maximale de 7,5% des prix des carburants. Il rappelle avoir, à l'Assemblée nationale, parlé de "manque de transparence" dans le mode de fonctionnement de l'APM et avoir attiré l'attention du gouvernement de ne "pas tirer sur l'élastique social". Pour lui, il aurait dû y avoir, plutôt, une "baisse importante" des prix des carburants compte tenu, en substance, de l'évolution des cours des produits pétroliers dans le temps et de la baisse conséquente de la facture pétrolière comme confirmé, cette semaine, par les derniers chiffres du Commerce extérieur.

Tout en justifiant les augmentations survenues en juillet dernier, le ministre des Finances, argue-t-il, a aussi "admis" que, pour ce qui est des pertes de Rs 4 milliards sur le "hedging" des produits pétroliers, le pays fait les frais de "l'irresponsabilité et l'incompétence" de la State Trading Corporation (STC).

"J'avais, explique le leader du MSM, attiré l'attention du gouvernement de ne pas tirer sur l'élastique social car la population ne peut avaler toutes les couleuvres". Parlant de la "récidive" de jeudi, il estime qu'on "n'a pas besoin d'être expert" pour trouver que "l'on cache la vérité". Pour lui, il aurait dû y avoir une "baisse importante". Il cite les derniers chiffres officiels du Commerce extérieur indiquant une baisse de Rs 6,5 milliards de la facture pétrolière durant le premier semestre de 2009 comparé au semestre correspondant de l'année dernière et ce, compte tenu de l'évolution des cours sur le marché mondial.

Pour Pravind Jugnauth, il y a "zone d'ombre" et "opacité" autour du poids de l'ensemble des éléments qui déterminent le calcul des prix à la pompe. M. Jugnauth parle, dans la foulée, du "culot" du directeur général de la STC, qui a évoqué une somme de Rs 78 millions à être remboursées aux détaillants par rapport à quelque "windfall loss". Et de demander au directeur général de cette corporation : "Les détaillants rembourseront-ils quand il y a des windfall gains ? "

Le leader du MSM revient à la charge concernant le contrat d'approvisionnement liant la STC et Mangalore Refineries. Pour lui, si les autorités n'ont, en substance, rien à cacher autour des conditions de ce contrat, tous les documents y relatifs devraient, ainsi, être déposés à l'Assemblée nationale. Pravind Jugnauth veut, notamment, connaître les composantes du "basic price" ; les arrangements quant au fret maritime, poids des assurances et primes qui sont payées en vue, dit-il, de s'assurer si tout a été fait "dans l'intérêt national".

"Nous voulons aussi savoir, dit-il, si, au moment de l'opération de "hedging", les ministres du Commerce et des Finances qui ont leurs représentants à la STC ont donné leur aval". M. Jugnauth cite le cas d'Air Mauritius pour soutenir que ceux qui ont agi de manière "incompétente" doivent "assumer leurs responsabilités". Autre demande : ce qu'est advenu des Rs 350 millions d'économies promises par le ministre Rajesh Jeetah au terme du contrat d'approvisionnement avec Mangalore Refineries.

Selon les dires du leader du MSM, il est "clair" que l'APM est "manipulé", que l'exercice ne se fait pas "dans la transparence" ni "dans l'indépendance". D'où sa demande renouvelée, comme à l'Assemblée nationale, pour l'institution d'un Independent Regulatory Committee "sans attache avec la STC" car, selon lui, des éléments qui entrent la fixation des prix des carburants sont "cachés à la population".

"Pas la solution à la congestion routière"

Pravind Jugnauth explique par ailleurs qu'au gouvernement, le MSM a toujours été associé "au progrès et au développement des infrastructures" et ce depuis que sir Anerood Jugnauth est devenu, pour la première fois, Premier ministre "en 1982/83". "Nous avons, soutient-il, toujours dit que l'argent public doit être dépensé judicieusement et qu'il convient de voir le long terme". Aussi, selon lui, les projets gouvernementaux de Port-Louis Through Road, d'Harbour Bridge et de Bus Lane d'un montant global de Rs 22 milliards ne sont "que pour les court et moyen termes" et ne sont pas la solution à la congestion routière, principalement, sur le corridor Port-Louis/Curepipe.

Il explique que dans la perspective du projet de son parti de faire de Maurice une "Duty-Free Island", certains projets avaient été identifiés. Le MSM, assure M. Jugnauth, pense à des développements d'infrastructures projetés en vue de répondre à des besoins "sur 50 ans et plus". Dans la mesure où le pays dispose de ressources financières limitées, il fallait, selon lui, envisager un système de transport moderne. "Métro léger ou light railway system ; reste à déterminer mais la priorité doit être une vision pour l'île Maurice durable et le "Duty-Free Island".

Pravind Jugnauth rassure les employés du secteur du transport public : un système de transport de masse moderne n'exclut pas, selon lui, l'existence simultanée d'un système de transport par autobus. "Nous aurons, dit-il, toujours besoin d'autobus". Selon lui, le gouvernement aurait été mieux inspiré d'envisager un système moderne dans le cadre d'un développement intégré au niveau de chaque station régionale. Or, selon lui, le risque est qu'en développant, par exemple, un système de "bus way", l'on en arrive à se lier les mains et les pieds pour l'avenir.

L'affaire du foie de mouton a aussi été commentée par le leader du MSM pour qui le gouvernement doit agir "selon ce que dit la loi". "Les autorités, dit-il, doivent être sans pitié à l'encontre de tous ceux qui mettent en danger la santé du public". Il regrette, dans ce contexte, que le gouvernement du jour ait, "par orgueil", abandonné le projet de laboratoire alimentaire qu'il avait personnellement piloté sous le précédent gouvernement en tant que ministre de l'Agriculture. "Notre vision, dit-il, était d'établir des normes et d'analyser les produits mis sur le marché et de s'assurer qu'ils ne soient pas nuisibles à la santé".

"Allet a au moins eu un peu de respect pour lui-même ! "

"Maurice Allet a au moins eu un peu de respect pour lui-même ! ", a estimé, hier, Pravind Jugnauth quand il a été interrogé sur la cassure entre le PMSD et le MMM. M. Jugnauth rappelle, d'abord, avoir, à l'époque, "dit franchement" ce qu'il pensait du va-et-vient de M. Allet et du PMSD, à un certain moment, de l'Opposition au gouvernement. Il estime, néanmoins, comme étant "une humiliation" le fait que le leader du MMM ait choisi de confirmer officiellement la candidature d'Eric Guimbeau et non celle de M. Allet. Il est, par ailleurs, d'avis que la réunification de la famille bleue "est une bonne chose pour le PMSD".

"Un rapprochement MSM/MMM n'est non seulement pas à l'ordre du jour mais tout éloigne le MSM du MMM", soutient-il. "Quand, dit-il, on est loin l'un de l'autre, on ne voit plus son camarade", poursuit-il après avoir rappelé que le leader du MMM a, lui-même, "mis une croix sur le MSM". Par ailleurs, Pravind Jugnauth explique qu'il a "toujours fait appel à Ashock" en vue d'une réunification de la famille Jugnauth. Il souligne que cette réunification est "une question de volonté" et "dépend de deux personnes".