| |
Si son parti se prépare activement, à ce stade, à affronter les élections générales, le leader du MSM, Pravind Jugnauth, assure qu'il n'a aucune négociation en cours avec le PTr ou Navin Ramgoolam, pour d'éventuelles alliances. Du moins, il parle en son nom, a-t-il précisé hier (samedi 23 janvier), lors de sa conférence de presse. Une fois de plus, Pravind Jugnauth a spécifié que le MSM est paré pour la bataille. Une bataille qu'il entamera contre son adversaire direct qui est Paul Bérenger et le MMM. "Le PTr n'est pas un adversaire pour le moment", a ajouté le leader du MSM, laissant sous-entendre que les portes aux négociations - qui ne seraient toutefois pas en cours selon Pravind Jugnauth - ne sont pas fermées, sauf néanmoins, souligne-t-il, avec le MMM. Le parti se réserve le droit d'attendre pour voir si certaines personnes qui souhaitent une alliance avec le MSM se manifestent pour leur parler.
S'il confirme les rencontres avec le PM, Pravind Jugnauth affirme qu'il ne l'a pas rencontré dans le cadre de discussions d'alliance. "Pas plus tard que la semaine dernière, à l'Assemblée nationale, j'ai rencontré le PM dans les couloirs et nous avons échangé quelques mots. Mais il n'y a aucune négociation en cours avec le PTr ou Navin Ramgoolam, pour d'éventuelles alliances. Je parle bien sûr en mon nom", a répondu le leader du MSM, aux questions de Week-End. Si la question est "y a-t-il négociation d'alliance entre le Ptr et le MSM?", souligne Pravind Jugnauth, "la réponse est non". Et cela, encore moins au téléphone, si aucune rencontre du genre n'a eu lieu entre les deux leaders. A son avis, contrairement au MSM, le MMM panique. "D'un côté, nous voyons un Paul Bérenger qui mendie une alliance avec le PTr, et de l'autre ce même Paul Bérenger soutient que tout sépare le MMM du PTr. C'est typique du leader du MMM. On se demande quelle est sa crédibilité?", a laissé entendre Pravind Jugnauth. D'un côté, ajoute-t-il, Jayen Cutarree "rampe devant l'Hôtel du Gouvernement", et de l'autre, Rajesh Bhagwan continue de dire que "le PTr représente la peste et le choléra". Il note depuis la rentrée de janvier, une certaine agitation dans les milieux politiques. Agitations qui selon lui sont orchestrées par "des lobbys politiques relevant de pures spéculations dans certains cas et dans d'autres associées à des fantasmes politiques nourris par des pseudo king makers". Face à cela, le MSM reste serein, assure son leader, ajoutant que le MSM évolue sur une ligne droite et qu'il connaît la direction qu'il a prise.
Ne souhaitant pas entrer dans les détails concernant les tensions alléguées entre le PTr et le PMSD, Pravind Jugnauth indique qu'il se fie aux dires du PM et du leader du PMSD lui-même qui ont démenti qu'il n'y avait pas de coup de froid entre eux, comme le veut faire accroire certains. Le MSM se prépare à toute éventualité pour ces élections générales, même si cela signifie aller seul devant du peuple. Toutefois précise le leader orange, "si nous disons que notre adversaire direct est le MMM, cela ne veut pas dire que nous excluons les autres adversaires. Pour l'instant, le MMM est en alliance avec l'Union nationale et le Mouvement Mauricien Social Démocrate. Mais pour combien de temps encore", s'interroge Pravind Jugnauth, rappelant qu'il y a peu, le MMM formait une alliance avec le PMSD. Il n'a pas souhaité, malgré l'insistance de la presse, déclarer s'il sera candidat en tant que Premier ministre aux prochaines élections, indiquant qu'au moment venu, le parti dévoilera à la population son programme électoral et les postes réservés à ses collaborateurs. Le plus important actuellement, confie Pravind Jugnauth, c'est de rallier une majorité de personnes autour de son parti. "Nous déciderons par la suite", dit-il, tout en précisant qu'il sera candidat au No 8 comme promis aux habitants de cette circonscription.
Cassam Uteem "pe divagué"
Pravind Jugnauth commente également la situation de Cassam Uteem qui fait de la politique active selon lui. Il s'étonne du rapprochement de l'ancien président de la République avec le MMM qu’il avait vivement critiqué, allant jusqu’à démissionner quand le gouvernement MSM-MMM avait adopté le ‘Prevention of Corruption Act’ (PoTA). « Il avait évoqué alors ses principes.Où sont ses principes aujourd'hui?", se demande le leader du MSM. Se référant aux arguments avancés par l'ex-président de la République à l'effet qu'il se trouve dans le même cas de figure que Sir Seewoosagur Ramgoolam et Sir Anerood Jugnauth, qui ont continué de faire de la politique active, après leur défaite en tant que Premier ministre, le MSM estime que Cassam Uteem "pe divagué". Selon lui, l'ancien président de la République commet une erreur lorsqu'il se compare à SSR et à SAJ. Sur une base éthique, estime Pravind Jugnauth, un ex-président de la République ne devrait pas faire de la politique active.
Réforme Bunwaree : en conformité avec les mesures prônées par le MSM
Outre l'aspect politique, le leader du MSM a également axé sa conférence de presse sur les réformes enclenchées par le ministre de l'Éducation, Vasant Bunwaree. Le parti est satisfait des changements apportés dans le système éducatif, d'autant que ces changements, souligne Pravind Jugnauth, vont dans la direction des mesures prônées et soutenues par le MSM depuis 2001. Le parti regrette toutefois que le pays ait perdu presque cinq ans avant d'enclencher ces réformes. Concernant les leçons particulières, une fois de plus, Pravind Jugnauth manifeste son soutien indéniable au ministre de l'éducation. Il ajoute que son parti attend les détails du plan éducatif du ministre Bunwaree, ainsi que le timeframe qui sera accordé pour sa mise en place.
Quel sera l'avenir des Star Colleges s'interroge le parti
Par ailleurs, le MSM souhaite des précisions également concernant l'avenir des examens du CPE et les modalités d'admissions dans les collèges. Ainsi, si Vasant Bunwaree a laissé comprendre qu'il serait pour la régionalisation, le MSM s'interroge quant à l'avenir des Star Colleges et la course infernale des candidats au CPE pour y obtenir une place. Quant à l'objectif du ministre de l'Éducation de faire un examen national au niveau de la Form III dès cette année, le MSM se demande si cela ne va pas créer une nouvelle compétition féroce pour les élèves dès la Form I, avec encore plus de pression. "Il est temps d'arrêter de faire des piece meal declarations sur la réforme. Nous devons connaître le plan dans les détails, car parents et enfants doivent se préparer aux conséquences à long terme", demande Pravind Jugnauth. Pour ce qui est de l'introduction du créole à l'école, ici encore le MSM est d'accord avec le gouvernement sur la question. "Ce n'est pas nouveau d'utiliser le créole comme un support pour l'enseignement de différentes matières", rappelle le leader du MSM. Toutefois, en ce qui concerne le créole comme matière optionnelle, dit-il, l'ancien gouvernement avait fait appel à des experts pour étudier la question. Pravind Jugnauth invite le gouvernement à en faire de même. Le MSM souhaite également voir l'introduction d'autres langues dans l'enseignement, afin d'ouvrir nos jeunes à d'autres cultures et ainsi au monde.
|