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Pravind Jugnauth, leader du MSM : "Que Bérenger démissionne comme leader de l'opposition s'il veut rejoindre le gouvernement !"

 
 

Pravind Jugnauth demande à Paul Bérenger de démissionner de son poste de leader de l'opposition s'il est décidé à négocier en vue de joindre le PTr au gouvernement afin, dit-il, de ne pas faire de ce poste "une farce". "Contrairement à Bérenger, je ne suis pas, moi, un mendiant !" affirme-t-il en soulignant que son parti, le MSM, est "prêt à toute éventualité" et envisage l'avenir "en toute confiance" et "avec sérénité". À un rassemblement des femmes déléguées de son parti hier au Sun Trust Building pour commémorer la Journée internationale de la Femme, M. Jugnauth a estimé que ceux qui prétendent que le MSM ne vaut rien ne perdent rien à attendre. "Lotri, sé nou ki pou alle toussé !" affirme-t-il, en soulignant que le départ de la course électorale n'a pas encore été donné.

Évoquant la contribution du MSM pour rehausser le statut de la femme et éliminer progressivement les discriminations à leur égard, Pravind Jugnauth cite, entre autres, la politique de dissémination des industries de la zone franche dans les quatre coins de l'île en vue de créer des possibilités d'emplois surtout pour les femmes ainsi que le lancement du secteur des technologies de l'information et de la communication qui, aujourd'hui, pourvoit des milliers d'emplois à des jeunes femmes.

Au chapitre de la santé, le MSM, déclare son leader, propose une politique nationale de vaccination contre le cancer du col de l'utérus. Il affirme que le MSM est "le seul parti" qui a traduit dans la réalité la volonté affichée par tous d'amener plus de femmes à s'engager en politique. Il cite, à cet effet, les six candidates alignées par son parti aux dernières élections générales et rappelle que le MSM, avec cinq députées, est le parti qui compte le plus de parlementaires femmes. M. Jugnauth accuse, sous le même registre, le leader du MMM qui "tient de grands discours sur la place de la femme tout en la dénigrant, comme cela a été le cas au parlement avec Nita Deerpalsing."

Selon lui, il est "évident" qu'il existe, aujourd'hui, davantage de pauvreté dans les familles en raison de la "politique ultra-libérale" du ministre des Finances qui, d'après lui, n'aura eu que de la considération pour "le grand capital", tout en restant "insensible aux cris du petit peuple". Il en veut pour preuve l'abolition des subventions universelles au paiement des frais d'examen de SC et de HSC. Le leader du MSM explique que cette politique a pour conséquence que dans des familles des parents sont maintenant contraints de pratiquer la discrimination à l'égard de leur fille au profit d'un fils quand il s'agit de choisir pour qui financer les examens.

Pour lui, s'il est vrai que l'écart entre riches et pauvres subsistera toujours, l'on ne saurait tolérer que "les riches deviennent plus riches et les pauvres encore plus pauvres". "Il faut, dit-il, un mécanisme en vue de permettre aux démunis de se procurer des denrées de base à meilleur prix". Parlant de la dégradation de l'ordre et de la paix, M. Jugnauth souligne que les femmes, les jeunes filles et les enfants sont les plus vulnérables face à cela. Il affirme avoir été le premier leader politique à avoir fait des propositions à ce chapitre.

Maurice, rappelle le leader du MMM, vient encore d'être citée comme étant une "plaque tournante" du trafic d'héroïne par un organisme des Nations unies. "Il faut combattre la mafia de la drogue et vous connaissez la volonté du MSM à ce niveau, comme sir Anerood Jugnauth l'a prouvé dans le passé." Dans le cas de la peine de mort préconisée par son parti, Pravind Jugnauth souligne que, pour lui, cette mesure ne devrait concerner que des cas spécifiques comme les assassinats et le trafic de drogue. "Il faut, dit-il, redresser la situation avec fermeté." Sous le même chapitre, il est d'avis que la libération sous caution pour certains délits devrait être abolie.

M. Jugnauth s'en prend aux "grand observateurs politiques" qui, dit-il, veulent faire accroire que le MSM "n'est pas un parti national." Pour démentir cela, il prend à témoin des journalistes qui, dit-il, "reconnaissent que, contrairement aux autres, jamais je n'ai tenu un langage communal, qu'importe l'audience à laquelle je m'adresse." "Quand on a la foi et des convictions, on n'a aucune raison d'avoir peur. C'est vrai que le chemin est parsemé d'obstacles, mais jamais je ne vais reculer, me laisser abattre ou désespérer."

Du "strip-tease" politique

Abordant les prochaines élections générales, Pravind Jugnauth accuse de nouveau Paul Bérenger d'être "un mendiant". "Un mendiant et un menteur qui, aujourd'hui, fait du strip-tease politique." Il demande aux observateurs politiques de juger si ce n'est pas un manque de respect pour le poste de leader de l'opposition de la part de M. Bérenger de négocier en vue de joindre le gouvernement tout en conservant ce poste. Le leader du MSM assure en revanche que, lui, sa "route" est "droite".

Après sa victoire à la partielle du N°8, il rappelle avoir dit sa reconnaissance envers, notamment, l'électorat travailliste, qui l'avait soutenu. "Contrairement à Bérenger qui, lui, ne fait que de se servir des gens, je sais, quant à moi, me montrer reconnaissant envers ceux qui m'ont aidé." Aussi, Pravind Jugnauth réitère que toutes ses options politiques demeurent "ouvertes" sauf vis-à-vis du MMM. "Comme pour le N°8, dit-il, aux prochaines élections générales, notre adversaire direct sera Paul Bérenger et le MMM."

Il assure qu'en tant "qu'opposition responsable", le MSM envisage l'avenir "en toute confiance" et "avec sérénité". "Nous sommes, dit-il, prêts à toute éventualité et, contrairement à Bérenger, je ne suis pas, moi, un mendiant." Il promet de "rassembler" en vue de "la victoire". "Le MSM, assure M. Jugnauth, est un parti d'avenir" et sera, aux prochaines élections, "dans le camp de la victoire." Pour lui, ceux qui affirment qu'il faut d'une alliance PTr-MMM en vue de faire l'unité nationale sous-entendent que ces deux partis sont, tous deux, "des partis sectaires."

Selon lui, ceux qui affirment que le MSM ne vaut rien ne perdent rien pour attendre. "Atann papa ! Pa pressé ! Kifer koumans galoupé avan lékours largué ?" Et d'assurer que "lotri, sé nou ki pou alle toussé !" Alors qu'il prévoit que 2010 sera une année "encore plus difficile", le leader du MSM souligne la nécessité de se doter d'"un gouvernement sérieux qui a la volonté les idées pour travailler." Il affirme, à cet effet, qu'à chaque fois que le MSM a été au gouvernement, le pays a connu l'avancement, le progrès et "le bonheur pour tous."

Pravind Jugnauth assure ne pas être "intéressé par quelque poste ou honneur", mais ne désire que "marquer de son empreinte l'Histoire politique du pays." Selon lui, il y aurait comme une nostalgie de l'ère de sir Anerood Jugnauth. Ce qui lui fait dire que "péna baré, le MSM formera le prochain gouvernement."